Axel Vannier Photographe

Portrait photographe homme en studio assis sur un tabouret et portant chemise et veste

Le jour où l'on comprend que l'on s'est oublié

C’est rarement un jour particulier que ça arrive.

Pas de moment particulier, pas de crise, pas d’explosion ou d’effondrement.

Non, c’est souvent beaucoup plus discret que ça, plus silencieux. C’est un moment ordinaire, banal, où quelque chose s’éclaire en toi. Tu vois enfin ce qui était déjà présent depuis longtemps en toi, mais invisible à tes yeux.

C’est là que tu comprends : je me suis oublié.e.

Et je sais exactement ce que tu ressens quand tu es à ce moment là. Parce que j’ai vécu ce jour-là aussi. Pas avec les mêmes détails, pas au même moment de ma vie, mais cette sensation où tout se fige et où tu vois enfin la vérité en face. ça peut être douloureux, mais c’est surtout profondément libérateur.

Portrait homme studio assis

C'est souvent pendant une transition de vie

Pour moi, ça a commencé pendant mon changement de vie professionnel. J’avais 39 ans, je sortais d’un premier burn-out et je me dirigeais droit vers le 2ème. J’ai senti à ce moment-là comme une rupture.

J’ai ensuite “enchaîné” les transitions de vie : 2ème burn-out donc (oui, le sentir venir ne m’a pas aidé à l’éviter !), départ de mon entreprise après presque 20 ans, reconversion professionnelle, puis deuils, séparation et divorce, le tout en 3 ans.

Pas besoin de les cumuler comme moi 😅, mais ces moments m’ont tous apporté quelque chose, m’ont tous aidé à prendre du recul sur ma vie, mes choix, et surtout m’ont aidé à voir clairement que j’avais finir par devenir absent à moi-même.

Peu importe l’événement précis. Ce qui compte, c’est que quelque chose a bougé, un moment où le cadre que tu penses tenir… ne tient plus. C’est là que tu prends enfin conscience de cette absence, il te manque toi.

Ce moment où tout s'immobilise soudain

C’était juste avant mon 2ème burn-out. Je sentais que quelque chose n’allais pas, je pensais que mon environnement de travail ne me convenait plus, mais je ne remettais pas en cause mes choix passés (ben oui, c’est toujours plus facile de ne pas se remettre en question !…). Bref, je pensais que changer d’entreprise, de cadre, de collègues serait suffisant pour “trouver un second souffle”.

Je me rappelle d’un moment particulier où j’ai presque vécu une dissociation : c’était pendant un entretien, j’étais physiquement et intellectuellement présent, mais mentalement j’étais ailleurs, je me voyais passer cet entretien et en même temps je me disais “mais qu’est-ce que je fous là ?” Après l’entrevue, j’ai pris mon train et je suis rentré. Je regardais le paysage défiler et c’est à ce moment précis que j’ai réalisé que j’avais oublié ce que moi je voulais vraiment au fond de moi. Ce n’était pas un autre travail, c’était une autre vie : la mienne tout simplement.

C’est ce jour là que j’ai décidé de changer de métier, pour me remettre au centre de ma vie professionnelle. Non plus faire des choix par défaut ou parce qu’ils semblent faciles à faire, mais parce que je ressens un alignement entre ce que je fais et qui je suis.

Ce jour-là, j’ai compris que j’étais en mode automatique, ou plutôt en mode déconnecté de qui j’étais profondément. Je portais mes responsabilité, mes rôles, j’avais l’impression d’être ancré parce que je me sentais en accord avec moi-même. Mais j’ai réalisé alors que cet accord personnel est plutôt un arrangement avec soi-même, qui donne l’illusion que l’on vit sa vie alors qu’on ne l’habite pas pleinement.

 

Ce jour-là, j’ai aussi senti un vide en moi : je ne savais pas ce que je voulais faire.

Et ce moment peut arriver à toi de mille façons différentes.

 

Tu es en réunion au travail. Quelqu’un demande ton avis, tu ouvres la bouche pour parler et tu te rends compte que tu n’as aucune opinion. Ou plutôt si, tu en as une, mais elle est si enfouie, si couverte par les attentes des autres, que tu ne la trouves pas. C’est comme si tu étais tout à coup confus.e.

Ou alors tu croises quelqu’un que tu n’avais pas vu depuis longtemps, et qui te demande simplement si ça va. Tu vois alors dans son regard le vide du tien, tu ne sais plus si ça va ou pas du tout, mais tu sens au fond de toi que la réponse que tu t’apprêtais à donner, le fameux “oui ça va” de politesse avec le sourire de circonstance, et bien ce n’était pas TA réponse, mais une réponse automatique.

Et alors tu t’avoues à toi-même avouer la vérité : je ne sais pas, je ne sais pas où je suis.

C’est à ce moment que la prise de conscience commence vraiment. Tu vois que tu fonctionnes en mode automatique depuis longtemps…

Portrait homme studio décontracté

Les signes qu'on aurait pu voir avant

Evidemment, ça n’arrive pas par hasard. On aurait pu voir les signes, il y en avait plein. Mais on les a juste ignorés, on les a cachés involontairement sous les responsabilités, la maturité, le fait d’être adulte. On a finit par trouver ça normal.

Ces demandes de nous-mêmes qu'on repousse toujours

« Un jour je relirais ce livre que j’aimais. »

« Un jour j’irais seul.e à la montagne. »

« Un jour j’essaierais cette activité qui m’intéresse. »

« Un jour… »

Et puis ce jour ne vient jamais, parce qu’il y a toujours quelque chose de plus urgent. Quelqu’un d’autre dont s’occuper d’abord, un projet à finir, une demande à satisfaire.

Et ces petites demandes de nous-mêmes, elles s’accumulent, elles grossissent, elles deviennent une liste qu’on n’ose même plus regarder, parce que trop la voir en face, ce serait admettre qu’on les abandonne.

Et c’est ce qu’on fait sans le vouloir, on les abandonne chaque jour un peu plus.

Cette voix intérieure qu'on a appris à ignorer

La petite voix intérieure, on l’entend tous. C’est elle qui nous dit quand quelque chose ne nous plait pas, quand on préfèrerait faire les choses autrement, quand on est fatigué.e, …

Par contre, on a surtout bien appris à ne pas l’écouter, parce qu’on nous a répété depuis qu’on est petit que s’écouter, c’est être égoïste.

Alors on se tait, on ne dit rien, on sert les dents même si on a l’intuition au fond de nous qu’on ferait quand même bien de l’écouter cette petite voix.

Ces petites morts du quotidien

Ce sont ces moments qui font le ciment du trop plein qui un jour finit par déborder de nous.

Ces moments où on aurait aimé prendre du temps pour soi mais on ne l’a pas fait. On aurait aimé continuer cette activité qu’on a été “obligé.e” d’arrêter pour que l’agenda ne déborde pas trop, mais ça fait 3 ans maintenant.

On aurait aimé passer plus de temps avec cet ami.e, ou simplement l’appeler, mais “la vie va trop vite, tu comprends…”.

Bref, on passe notre temps à renoncer à des petites choses qui mises bout à bout nous font renoncer à nous-même.

La réalisation, ça fait du bien là où ça fait mal

Et puis un jour bien sûr, alors qu’on est en “déséquilibre” dans notre vie, alors qu’on s’est oublié depuis trop longtemps, et bien on prend conscience.

Pas de tout ce qui s’est joué pour en arriver là, mais simplement de là où on en est arrivé : je ne sais plus vraiment qui je suis. Je suis fatigué.e, pas juste une fatigue physique “un mars et ça repart”, mais une fatigue émotionnelle plus profonde.

On se rend simplement compte qu’on a arrêté de penser à nous, et on se dit que peut-être ce n’est pas si égoïste que ça de se mettre en priorité. ça ne veut pas forcément dire se mettre avant les autres toujours, tout le temps, en toutes occasions, mais ça veut dire écouter ses propres besoins.

On réalise alors que s’écouter, c’est juste ce qu’on aurait peut-être du faire depuis longtemps.

Le jour où on réalise cela, on ressent comme un déchirement, un regret de ce qu’on aurait pu faire autrement. Mais on ne reste pas bien longtemps dans cet état d’esprit, car juste après, vient la conscience de tout ce qu’on peut encore accomplir, de qui on peut redevenir : soi !

Et surtout, impossible de revenir en arrière, une prise de conscience est un chemin à sens unique.

Vivre avec cette conscience nouvelle

Les jours qui suivent cette réalisation sont étranges. Différents.

On continue à faire, on continue à gérer, à s’occuper de tout le monde.

Mais maintenant, on sait, on sait que chaque « oui » qu’on dit est un choix conscient de s’oublier. Chaque moment qu’on ne prend pas pour soi est une décision active.

C’est lourd, mais c’est aussi libérateur, parce qu’on a enfin mis le doigt sur quelque chose qu’on n’identifie pas encore complètement, mais qu’on ressent comme essentiel.

Les jours qui suivent

On se regarde dans le miroir différemment, on voit les cicatrices de tous ces renoncements. On voit la personne fatiguée qui nous regarde. Et pour la première fois, on demande à cette personne : « Tu vas bien, toi ? »

Et la réponse, on sait que ce n’est pas « oui ». Ça ne peut pas être « oui ».

On commence à prêter attention aux petites choses : à ces moments où on repousse une envie de soi, à ces fois où on dit « oui » quand on voudrait dire « non », à ces instants où notre propre voix disparaît sous celle de quelqu’un d’autre.

Et on se rend compte : ça arrive beaucoup. Presque tout le temps en fait.

La douleur d'être conscient.e de son absence

C’est un paradoxe douloureux : on a enfin conscience de soi, mais c’est pour réaliser qu’on n’existe pas vraiment.

Il y a une sorte de chagrin qui arrive avec cette conscience. Un deuil de la personne qu’on aurait pu être si on ne s’était pas oubliée, une peine profonde de voir comment on a accepté de disparaître petit à petit. Voire pour certain.es une rage douce contre soi-même pour tous les « oui » stupides qu’on a dit.

Et paradoxalement, c’est cette douleur qui est le premier signe que la personne revient. Parce qu’une personne qui n’existe pas, elle ne peut pas souffrir : elle fonctionne, point.

C’est ça la preuve qu’on attendait sans le savoir : la preuve qu’on est encore là, présent à soi malgré tout, juste caché quelque part sous toutes ces couches de responsabilité, de normalité, de vie sociale.

Portrait homme studio décontracté

On n'a pas disparu, on s'est juste endormi.e

Et c’est ça la bonne nouvelle dans tout ça. Oui on a fait des erreurs, mais tout le monde en fait. Oui au point de s’oublier soi-même, mais tout le monde est-il vraiment présent à soi à tout instant ?

Et surtout si tu te reconnais en lisant tout cela, alors tu n’es pas perdu.e, tu n’es pas détruit.e. Tu as juste oublié qui tu étais au passage, et la différence est fondamentale !

Parce que ça signifie que tu es toujours là, tu ne t’es pas renié.e, c’est juste comme si tu avais endormie cette conscience de toi.

En prenant conscience de tout cela, en lisant cet article peut-être, tu sens que ton vrai moi est en train de se réveiller.

Et ton vrai moi n’attends que toi pour revenir. Il n’y a rien d’autre à faire que de le laisser entrer.

Je te redis ici ce que j’explique en détail dans mon article sur le poids de la femme parfaite : tu n’es pas en train d’échouer d’être une Femme Pilier (ou un Homme Pilier), tu commences juste à voir le prix que tu paies pour l’être.

Reprendre contact avec soi

C’est bien beau tout ça, mais par où on commence ?

Et bien tout d’abord il n’est pas nécessaire de tout casser, de faire sa crise de la quarantaine, ou de la trentaine ou de la cinquantaine, peu importe ton âge.

Il suffit de faire des touts petits pas. Le premier, le plus important et le plus grand à faire est déjà derrière toi : c’était cette prise de conscience !

Maintenant ça va se faire tout seul. Tu vas voir que tu vas naturellement arrêter de dire “oui” automatiquement. Peut-être que tu accepteras encore des choses (et heureusement !), mais c’est parce que tu l’auras décidé.

Sans t’en rendre compte, tu vas commencer à te demander doucement ce dont tu as envie. Au début ça te prendra du temps pour répondre à cette question, tu seras peut-être un peu perdu.e, ne sachant pas trop quoi répondre. Mais tu vas prendre ce temps, parce qu’au fond de toi, tu sais.

Bref, il n’y a aucun effort particulier à faire. Tout ce que tu as réalisé a déjà lancé ce changement profond en toi, tu as juste à être. Comme je le détaille dans mon article sur le pouvoir de la photographie pour se reconnecter à soi, c’est souvent dans ces moments de pure présence que la transformation commence.

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Si tu te reconnais dans ces mots...

Si tu es arrivé.e jusqu’ici, c’est que ces mots te parlent.

Ce que tu ressens en ce moment — cette prise de conscience, cette douleur voire cette peur peut-être, mais surtout cet espoir aussi — c’est le signe que tu es prêt.e à reprendre ta place.

Et si tu me lis maintenant, c’est que quelque part, tu sais déjà que tu as besoin d’aide pour y arriver. Parce que tu ne peux pas faire seul.e ce travail de redécouverte, pas parce que tu n’es pas capable, mais parce que tu as oublié comment te chercher toi-même.

Je suis photographe spécialisé en accompagnement des personnes qui se sont oubliées. J’ai moi-même traversé ce moment, et c’est précisément pour ça que je crée ces espaces où tu peux enfin déposer ce qui est devenu trop lourd à porter et enfin te retrouver.

Ce n’est pas une séance photo classique, c’est un moment pour voir vraiment qui tu es : c’est l’endroit où cette personne endormie en toi commence à se réveiller.

Si tu sens que c’est le moment pour toi de reprendre ta place, contacte-moi. On peut en parler simplement, sans engagement. Je peux t’écouter vraiment — pas comme on le fait généralement, mais vraiment. Et ensemble, on verra si cet accompagnement est ce dont tu as besoin en ce moment.

Parce que tu mérites d’exister. Pas pour les autres, mais pour toi.

Et je sais ce que ça demande de revenir à soi. Je sais, parce que j’ai moi aussi commencé ce chemin.

Bien à toi,

Axel

Je suis Axel Vannier, photographe spécialisé dans l’accompagnement des personnes qui se retrouvent après s’être oubliées. Après avoir moi-même traversé ce moment de prise de conscience, j’ai créé un espace où tu peux déposer le poids et te reconnecter. Mon studio à Versailles t’accueille. J’interviens également à Paris et en Île-de-France pour des séances qui marquent une vraie transformation intérieure.

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