Axel Vannier Photographe

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Une seance avec Annia – Part 1

Aujourd’hui, j’ai voulu te partager le déroulé d’une séance, non pas en te décrivant les “étapes”, le “processus”, mais plutôt comme un récit, l’histoire du moment que nous avons passé avec Annia.

Si tu suis ce blog, tu as du remarquer que j’aime bien apporter de la valeur dans mes articles. Ecrire pour mettre du contenu sur internet qui ne sert à rien, très peu pour moi. J’ai donc hésité longuement à écrire cet article qui ne contient pas “d’infos” ou de conseils, jusqu’à me rendre compte que ce partage d’expérience a aussi de la valeur car tu vas pouvoir découvrir comment se passe une séance, tu vas pouvoir te projeter, te questionner par rapport à ce que toi tu voudrais comme séance.

De plus, Annia a ce talent de réussir en quelques phrases à décrire l’atmosphère que chaque image lui inspire. Tu trouveras donc aussi tout au long de cet article la voix d’Annia qui s’exprime à travers ses propres textes.

Alors c’est parti, suis-moi, je t’emmène à la découverte d’Annia et de cette séance que nous avons faites ensemble.

Annia est anglaise, elle vit à côté de Londres, où elle est professeur dans une école de danse. Il y a maintenant quelques temps, elle a fait une première séance intimiste avec un photographe de son entourage.

De par son métier, Annia est à l’aise avec son corps, mais elle l’était dans le mouvement, dans l’expression corporelle, pas forcément dans son rapport à l’image de son corps. C’est cela qu’elle a alors découvert, et une porte s’est ouverte pour elle. Elle a adoré l’expérience, elle a découvert des facettes d’elle-même qu’elle ne connaissait pas, et elle a vécu cette transformation intérieure qu’une séance de portraits intimes peut t’apporter. ça lui a été tellement bénéfique qu’elle a décidé de renouveler l’expérience.

Le hasard (et les algorithmes des réseaux sociaux ;-)) faisant leur boulot, Annia est tombée sur mon profil instagram et a immédiatement accroché avec mon univers. Elle m’a donc contacté car elle venait passer quelques jours à Paris, et on a réussi à se caler une date ensemble pour réaliser notre première séance.

On a beaucoup échangé avant de se rencontrer “pour de vrai”, autour du type de photos qu’elle souhaitait faire, des lieux, des ambiances et des décors que l’on voulait utiliser, … On s’est partagé nos inspirations respectives, qui ont évolué au fil de nos échanges, ça nous a permis de petit à petit développer une approche commune de la séance, et quand on l’a faite, ça a rendu les choses fluides, chacun sachant ce que l’autre souhaitait, les univers artistiques que l’on voulait explorer.

Au-delà des échanges autour des photos, ça nous a aussi permis d’apprendre à se connaître, d’exprimer nos souhaits pour que le moment que l’on allait passer ensemble soit le plus “parfait” pour tous les 2. C’est ce qui fait que le jour de la séance, tout s’est fait très naturellement.

On s’est retrouvé à l’hôtel où Annia logeait, et on est allé boire un café dans les alentours. Cette première rencontre n’en était déjà plus une, et la discussion s’est faite autour de nos vies respectives, comme 2 amis qui discutent autour d’un verre. L’ambiance était très détendue, car on n’avait aucune appréhension ni l’un ni l’autre puisque tout était déjà clair avant la séance. On a pu profiter de ce moment sympa, sans prise de tête, en toute tranquillité.

Après avoir pris le temps de papoter un peu, on a démarré la séance à proprement parler. Annia souhaitait pour cette 1ère explorer plusieurs ambiances, en extérieur et en intérieur. On a donc commencé par se balader dans un parc, ça nous a permis de faire quelques premiers clichés, puis on a trouvé ce kiosque qui nous a tout de suite plu et inspiré. On a donc réalisé une série d’images, tout en continuant à papoter, à rire, … bref on a passé un très bon moment !

PARKLIFE... On est tombé par hasard sur ce parc et ce kiosque avec sa ferronnerie d’un vert d’eau magnifique. On n’avait pas de plan prévu, hormis jeter quels vêtements dans mon sac et voir ce qui se présenterait. J’aime pouvoir encore ressortir mes vieux amis de ma garde-robe et les porter dans un nouvel endroit où ils sont sûrs de faire leur effet. Je sais aussi que ce sont des objets qui n’ont de valeur que sentimentale car ils font partie d’un héritage que je veux transmettre à ma petite fille. Elle a déjà ses pièces favorites et je me prépare déjà aux larmes de joies lorsqu’elle sort dans une de mes robes, un autre moment de maternité qui vaut tout le chagrin, l’inquiétude et la lassitude.

BOHO IN PARIS…La définition du boho est légèrement différente pour chacun et ce n’est pas grave. Je ne suis certainement pas une bohème hippie new age ou ethnique tribal, mais chaque courant a sa propre esthétique qui m’attire. Je n’aime pas les stéréotypes de la mode et je ferai tout pour éviter le total look de la tête aux pieds, je ne serai certainement pas cette fille qui n’aime qu’un seul style. Je ne pourrais jamais adopter une seule façon de m’habiller car mon spectre de mode est tout simplement trop large. Il s’agit d’un classique que j’aime particulièrement et dont j’adore le tissu, mais j’ai senti qu’il avait besoin de fentes supplémentaires pour le rendre moins conservateur. Cela ressemble à une robe que l’on trouverait dans les coulisses d’un théâtre, car les manches flottantes datent plutôt des années 1940. Pas besoin de surcharger avec des bracelets sans fin et des dorures, ses références bohèmes parlent d’elles-mêmes, car une fausse fourrure, des bottes de motard ou une veste en jean oversize lui confèreraient un look merveilleusement décontracté. Paris est peut-être connue pour ses femmes chics mais elle a aussi joué un rôle très important pour ces icônes qui voulaient se détendre et s’exprimer un peu différemment en adoptant un peu de cette fameuse bohème ……Je suis dans leur arrondissement….

Puis on a décidé de changer, de tenue et d’ambiance, et on s’est retrouvé à jouer aux enfants sur cette grille qui surplombe les voies ferrées. Ce qui est top avec ce genre de décor, c’est qu’il y a du passage, et au lieu d’être quelque chose qui “bloque”, qui empêche d’être soi-même, et bien le sourire que les passants renvoient en nous voyant nous encouragent, il n’y a plus de gêne, on fait quelque chose qui fait marrer les gens, et ça nous fait marrer !

Cette séance a eu lieu en hiver, et il ne faisait pas chaud ! On a donc décidé de rentrer pour poursuivre en intérieur, mais sur notre chemin on est passé devant un café qui là aussi nous a tous les 2 inspiré pour faire quelques photos supplémentaires. Coup de chance, il n’y avait pas grand-monde, donc le patron a été très accueillant et on a pu faire tout ce qu’on voulait sans gêner la clientèle, notamment en jouant avec les reflets de la verrière.
CAFE SOCIETY …..Il fait super froid partout sauf aux Bahamas mais il n’y a vraiment pas si longtemps, je pouvais envisager d’enfiler ma robe nuisette et de m’asseoir rêveusement dans un café parisien du 17ème arrondissement. Le Café Society a toujours coulé dans mes veines parce que je suis une romantique et je peux rester assise pour toujours dans un endroit qui gronde et ne me fait pas partir ni ne me suggère de partir. Mes amis proches connaissent cette bizarrerie et je suis assez ennuyée lorsque ce petit morceau de luxe de la vie est écourté, car l’idée est de s’arrêter, d’absorber, de respirer et de se sentir un peu dans un cocon. J’adore le bruit et le vrombissement d’une ville mais j’adore aussi ses cafés pour cette occasion de pause et de point d’observation. Axel était heureux de me laisser faire et les opportunités se sont présentées d’elles-mêmes, de manière naturelle et fluide. La romance ne mourra jamais tant qu’il y a un café parisien pour s’asseoir, contempler la vie, et que Vanessa Paradis joue sur Spotify…..

De toute cette première partie de séance en extérieur, ce qui m’a marqué c’est la fluidité avec laquelle tout ça s’est déroulé. Le fait d’avoir beaucoup échangé avant cette journée nous a permis d’être à l’aise l’un avec l’autre, et de pouvoir proposer des idées. Tantôt Annia proposait des poses, des tenues très intéressantes, et tantôt c’était moi qui lui proposait des choses, des angles différents, des regards ou des attitudes, … Bref, la série photographique s’est réellement construite à 2, et c’est franchement le plus exaltant dans ce type de séances, quand on sent qu’on s’apporte mutuellement des choses pour créer ensemble des photos qui nous parlent à tous les 2. On s’est donc laissé porter par la balade que nous avons faite, et qui nous a permis de dénicher plusieurs endroits très différents et dans lesquels on s’est tous les 2 sentis inspirés pour créer de jolies choses ensemble.

Cette première partie nous a également permis de créer ce climat de confiance tellement important dans une séance intimiste. On en avait parlé avant, et on avait prévu avec Annia de faire des photos dénudées, mais ce moment très détendu passé ensemble avant nous a vraiment aidé à se sentir 100% à l’aise l’un avec l’autre.

On est donc rentré pour cette deuxième partie de shooting, et là aussi tout s’est fait de façon fluide et naturelle. On a commencé avec une petite robe en laine, puis au fur et à mesure Annia a passé des tenues moins habillées pour finir nue. Le plus important pour moi dans cette partie de séance, c’est qu’Annia se soit sentie à l’aise, sans jamais avoir l’impression d’être obligée d’aller plus loin dans la nudité, et c’est exactement ce qu’elle m’a dit en fin de séance donc pari gagné ! Tout comme la première partie en extérieur, on s’est inspiré mutuellement, on a tous les 2 proposé et essayé des choses pour que le rendu final nous corresponde.

BAMBI…..La métaphore d’aujourd’hui est étrange. Mon père avait une petite figurine Bambi sur son étagère de bureau qui était exactement comme la version dans Disney. Je n’ai toujours aucune idée de comment il l’a acquis ni où il se trouve maintenant. Je me promenais et de temps en temps je le ramassais et le regardais de près. Ce n’était jamais qu’un jouet et il avait aussi une petite jambe arrière bandée soigneusement collée autour de l’articulation, ce qui me confirmait que le jeu était interdit, mais que le fait de l’apprécier pour cela ne l’était pas. Cette morphologie et cette posture d’un faon est quelque chose avec laquelle je me connecte… ce qui semble fragile ou dégingandé, tous les membres et les yeux tristes est en fait construit pour les batailles de la vie. Bambi apprend l’amour, l’amitié et la protection de ses proches et relève ces défis en se débattant parfois mais sans jamais abandonner. Je crois fermement que nous sommes plus forts en connaissant notre propre fragilité et, plus largement, la propre fragilité de la vie. Cela ne me dérange pas de voir cela sur mes photos parce que je sais que mon cœur est enflammé et alimenté, le feu qui brûle dans mon ventre ne s’éteint jamais complètement…
RETRO SUNDAY… … Cette blouse m’a déjà bien servi à de nombreuses reprises. Ce n’est pas strictement la “petite robe noire”, mais je la classe comme telle car elle ne nécessite qu’une culotte large et un peu de ruban adhésif pour être plus décente. Si j’étais sur la plage au crépuscule, cela passerait sans aucun de ces extras et chaussures compensées ou une sandale grecque m’emmènerait dans la nuit et au-delà de manière transparente. C’est drôle à quel point le contexte joue un tel rôle sur ce que nous pouvons faire en matière vestimentaire. Je pense qu’un V profond est mon décolleté préféré absolu pour son côté vintage et athénien. De nombreuses déesses des années 70 portaient ce décolleté, avec comme ornement un bracelet ou un pendentif, une frange symétrique comme ici ou des boucles dans les cheveux, que je pourrais essayer la prochaine fois que je la porterai. Ma dernière nuit à Paris, j’ai eu de la chance, la palette de couleurs était exactement comme je l’aime, un bleu coquille d’œuf doux et un ambre brûlé qui, associés à des accents dorés, m’ont transformé en un aspirant à Farah, comme j’ai tendance à le faire sans qu’on ne me le demande. Je n’aurais pas dû épargner le brillant à lèvres ! Prochaine fois….

CHEEK TO CHEEK… C’est un message totalement gratuit, je l’admets pleinement. Je trouve d’habitude que mes fesses ne rendent pas bien en photo, mais Axel a su trouver un angle que j’aime, et en plus elles sont enveloppées de mousseline ! Je me demande si être à Paris a quelque chose à voir avec ça, peut-être qu’être assis dans un Eurostar a ses avantages ?! En fait, j’aime tout dans cette image car j’ai aussi un côté un peu voyeur et c’est plutôt stimulant…

Pour terminer cette première séance, je voudrais juste te partager les mots d’Annia elle-même, qui témoignent de la façon dont elle a pu la vivre de son côté :
J’ai fait une séance à Paris avec Axel, en extérieur et en intérieur. Tous les échanges avant le shooting ont été excellent, Axel a créé un mood-board à partir duquel on a pu travailler. Le fait qu’il connaisse la ville m’a aidé car je n’étais qu’une londonienne à Paris donc j’en ai vraiment profité. J’aime les différents angles qu’il a capturés, les compositions variées et intimistes que j’adore. Les retouches sont naturelles, ce que je recherche toujours chez un photographe, donc je suis très satisfaite de notre première séance, et j’en referai certainement une autre fois. Axel est très sympa et facile à vivre, donc je n’hésite pas une seconde à le recommander.

J’espère que cette séance que tu as pu vivre au travers de mes images et des textes d’Annia t’apportera toi aussi quelque chose sur ton chemin autour du portrait intime. Qui sait, cela t’aura peut-être donner envie de sauter le pas ? En tous cas n’hésite pas à en discuter avec moi, ce sera toujours un plaisir d’échanger !

De son côté, je crois que l’expérience a beaucoup plu à Annia, car elle a effectivement décidé de refaire une autre séance avec moi ! Alors je te donne déjà rendez-vous dans un prochain article pour lire la suite 😉

To be continued…

PS : Annia étant anglaise, j’ai essayé de traduire au mieux ses textes, mais tu peux retrouver les originaux sur son profil @anniaklondongirl

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